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Richard Hakluyt - Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation, 10
dessinateurs, les copistes habile; enfin qu'il rendit peut-etre aux sciences plus de services reels que Charles, parce qu'il fut moins superstitieux.
Je donnerai, dans l'Histoire de la litterature Francaise, a laquelle je travaille, des details sur ces differens faits. J'en ai trouve des preuves multipliees dans les manuscrits, qui de la Belgique ont passe a la Bibliotheque nationale, ou, pour parler plus exactement, dans les manuscrits de la bibliotheque de Bruxelles, qui faisoient une des portions les plus considerables de cet envoi.
Cette bibliotheque, pour sa partie Francaise, qui est specialement confiee a ma surveillance, et qu'a ce titre j'ai parcourue presque en entier, etoit composee de plusieurs fonds particuliers, dont les principaux sont:
1 deg.. Un certain nombre de manuscrits qui precedemment avoient forme la bibliotheque de Charles V, celle de Charles VI, celle de Jean, duc de Berri, frere de Charles V, et qui pendant les troubles du royaume sous Charles VI, et dans les commencemens du regne de son fils, furent pilles et enleves par les ducs de Bourgogne. Ceux de Jean sont reconnoissables a sa signature, apposee par lui a la derniere page du volume et quelquefois en plusieurs autres endroits. On reconnoit ceux de deux rois a l'ecu de France blasonne qu'on y a peint, a leurs epitres dedicatoires, a leurs vignettes, qui representent l'offrande du livre fait au monarque, et le monarque revetu du manteau royal. Il en est d'autres, provenus de ces deux depots, sur l'enlevement desquels je ne puis alleguer des preuves aussi authentiques, parce que dans le nombre il s'en trouvoit beaucoup qui n'etoient point ornes de miniatures, ou qui n'avoient point ete offerts au roi, et qui par consequent ne peuvent offrir les memes signalemens que les premiers; mais j'aurois, pour avancer que ceux-la ont ete pris egalement, tant de probabilites, tant de conjectures vraisemblables, qu'elles equivalent pour moi a une preuve positive.
2 deg.. Les manuscrits qui appartinrent legitimement aux ducs de Bourgogne, c'est-a-dire qui furent, ou acquis par eux, ou dedies et presentes a eux, ou commandes par eux, soit comme ouvrages, soit comme simples copies. Dans la classe des dedies, le tres-grand nombre l'a ete a Philippe-le-Bon; dans celle des faits par ordre, presque tous furent ordonnes par lui: et c'est la qu'on voit, comme je l'ai dit plus haut, l'obligation qui lui ont les lettres et tout ce qu'il fit pour elles.
3 deg.. Les manuscrits qui, apres avoir appartenu a des particuliers, ou a de grands seigneurs des estats de Bourgogne, ont passe en differens temps et d'une maniere quelconque dans la bibliotheque de Bruxelles. Parmi ceux-ci l'on doit distinguer specialenient ceux de Charles de Croy, comte de Chimay, parrain de Charles-Quint, chevalier de la toison, fait en 1486 prince de Chimay par Maximilien. Les siens sont assez nombreux, et ils portent pour signe distinctif ses armoiries et sa signature, appose par lui-meme.
De tout ceci il resulte, quant au merite de la collection Francaise de Bruxelles, qu'elle ne doit guere offrir que des manuscrits modernes. J'en ai effectivement peu vu qui soient precieux par leur anciennete, leur rarete, la nature de l'ouvrage; mais beaucoup sont curieux par leur ecriture, leur conservation, et specialement par leurs miniatures; et ces miniatures seront un objet interessant pour les personnes qui, comme moi, entreprendont l'histoire des arts dans les bas siecles. Elles leur prouveront qu'en Belgique l'etat florissant de certaines manufactures y avoit fort avance l'art de la peinture et du dessin. Mais je reviens aux trois traites de notre volume.
Je ne dirai qu'un mot sur la description de la Palestine par Brochard, parce que l'original Latin ayant, ete imprime elle est connue, et que Mielot, dans le preambule de sa traduction, assure, ce dont je me suis convaincu, n'y avoir adjouste rien de sien. Brochard, de son cote, proteste de son exactitude. Non
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